Près de Tokyo, un nouvel aéroport et un seul vol
L’aéroport d’Ibaraki sera le 3e à desservir la région de Tokyo, et doit accueillir des compagnies low cost. Mais à l’heure de la chasse au gaspillage dans les comptes publics, la presse japonaise s’interroge sur l’utilité d’un tel investissement pour n’accueillir que deux vols par jour
Le Japon est doté depuis jeudi 11 mars d’un 98e aéroport, situé dans la région de Tokyo. Mais à l’heure où le gouvernement se dit en guerre contre les dépenses publiques inutiles, le troisième aéroport de la capitale a peu de chances d’être rentable à court terme : il a coûté 22 milliards de yens, environ 177 millions d’euros et n’accueillera pour le moment qu’un vol régulier par jour, pour Séoul. Un second vol desservira Kobe à partir d’avril.
Situé à 80 kilomètres du centre de Tokyo, l’aéroport d’Ibaraki comporte deux pistes, dont une est utilisée par les forces aériennes d’auto-défense, l’armée de l’air nippone. Il a été conçu pour accueillir des compagnies low-cost et financé par l’état et la commune d’Ibaraki.
Sur le site internet du nouvel aéroport, des chiffres alléchants sont mis en avant : en 2012, 71,8 de Japonais devraient voyager en avion, dont 60% en passant par l’agglomération de Tokyo et 19,8 millions de personnes vivent dans un périmètre de 100 kilomètres autour d’Ibaraki.
En 1999, le gouvernement estimait qu’en desservant régulièrement quatre villes (Sapporo, Osaka, Fukuoka et Naha), Ibaraki attirerait 810 000 voyageurs par an, une prévision largement revue à la baisse : seulement 200 000 personnes devraient l’utiliser, selon une étude plus récente.
La presse japonaise s’interroge sur l’utilité d’un tel investissement, alors que l’aéroport de Haneda, bien plus priche du centre ville, vient déjà d’être agrandi.
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